Victimes du terrorisme : Ajouad Montréal contre l’amnésie organisée

Elle donnera une conférence suivi d’un débat où elle parlera des témoignages qu’elle a recueillis de l’Indonésie jusqu’en Algérie de personnes qui font face à l’intégrisme au quotidien dans leurs pays sans qu’ils fassent les manchettes.

Réaliste et modeste, la professeure de droit international à l’université de Californie dit que ce n’est pas elle qui « va décrire » ce qui s’est passé en Algérie pour un public composé d’une majorité de personnes qui ont, elles-mêmes, fui l’intégrisme dans les années 90.

 « Je vais décrire ce que j’ai trouvé dans ma recherche et comment le monde anglophone l’a reçu », explique-t-elle puisque son livre s’adresse en premier lieu au public américain qui ignore cette réalité.

Pour l’Algérie, plus spécifiquement, elle entame un projet qui « racontera les histories des intellectuels algériens assassinés pendant la décennie noire. J’essaierais surtout de récolter les textes qu’ils ont écrits pour les traduire en anglais », affirme-t-elle à El Watan.

Les organisateurs de l’événement de ce soir, Ajouad Montréal, veulent dépasser l’étape des commémorations, qui sont d’ailleurs importantes et nécessaires.

Le temps est venu, selon Azzedine Achour, de donner un statut « officiel » à l’association Ajouad Montréal à l’occasion de cette cinquième commémoration. « Il faut aller au-delà des quatre personnes qui s’occupent de l’organisation », affirme-t-il.

La proposition sera faite aux présents à la commémoration. Le but, d’une part, est de « soutenir, en Algérie, toutes les initiatives qui peuvent souligner  la mémoire des victimes du terrorisme islamiste quelque soit leur statut (intellectuels connus ou des citoyens anonymes).  D’autre part, nous voulons aussi soutenir la lutte contre l’amnésie organisée, Nous avons cette conviction qu’il ne s’agit pas juste d’une simple négligence d’un pouvoir qui ne veut pas trop parler de ceux qui ont été assassinés.».

 Seule crainte des organisateurs est que la salle ne soit pas suffisante pour le public car « Karima Bennoune ramène du monde ».

A rappeler qu’Ajouad Algérie Mémoires est une association basée en France et co-fondée par le fils du journaliste et chroniqueur Said Mekbel assassiné le 3 décembre 1994 et AmelFaredeheb, fille de l’économiste Abderahmane Fardehebassassiné le 26 septembre de la même année.

Originally published at El Watan

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